Expos thématiques

Une édition 2021 « décontractée » et joyeuse qui mise sur l’Humour dans l’Art

Chaque année, une thématique artistique est retenue par le directeur artistique Didier Vesse pour être mise à l’honneur. Pour la 5ème édition d’Art Montpellier, son choix s’est porté sur une thématique unique qui tombe à pic : Humour dans l’Art. En effet, aujourd’hui plus que jamais, après plusieurs mois de confinement, nous avons besoin de retrouver de l’échange humain et de la joie de vivre. 

On serait pourtant tenté de penser que l’art contemporain est une affaire sérieuse et que l’humour n’y a pas sa place. Bien au contraire ! La valeur de l’humour et du rire est très proche de l’effet escompté de l’art en général. Aussi, l’humour dans l’art peut revêtir des formes très différentes en fonction des objectifs qu’il poursuit et c’est ce qui fait tout son intérêt.

Concrètement, sur Art Montpellier, ce thème aux multiples facettes sera illustré par des solos shows d’artistes reconnus. La Galerie Berthéas présentera une exposition de l’artiste Ben. Membre du groupe Fluxus, Ben est un artiste majeur de l’avant-garde artistique française connu pour ses performances, installations et peintures. Il devient connu du grand public à partir les années 1960, à travers notamment ses « écritures » déclinées sous divers supports et diverses formes. La galerie sétoise Dock Sud présentera quant à elle, une exposition consacrée à Mister Helic. Issu du mouvement Dada, l’artiste est spécialiste des détournements d’objets, de messages et d’idéologie… avec impertinence et humour.

  • Exposition de l’artiste Ben par la Galerie Berthéas.  
  • Exposition de l’artiste Mister Helic avec la Galerie Dock Sud.

solo show de ben par la galerie Berthéas

Pour l’édition 2021 d’Art Montpellier, la Galerie Berthéas présentera un solo show de l’artiste Ben avec une quinzaine d’oeuvres exposées.

Membre du groupe Fluxus, Ben (Ben Vautier de son nom complet) est un artiste majeur de l’avant-garde artistique française connu pour ses performances, installations et peintures. Il devient connu du grand public à partir les années 1960 avec ses célèbres « écritures » déclinées sous diverses formes. 

En 1953, sa première peinture de mots semble être «Il faut manger. Il faut dormir», simple affirmation de la vie. Cette simplicité véhicule cependant un concept fort : Ben produit un art de l’idée.  Il cherche à l’époque de nouvelles formes artistiques pour parler de l’art et du monde de l’art. Il développe ensuite à travers ses écritures des thèmes variés : l’ego, le doute, la mort, le sexe, la nouveauté, l’argent… Les phrases que Ben écrit peuvent être des vérités, des commentaires, des scénarios, des invectives, des constatations… Elles arrachent souvent un sourire, et donnent matière à penser.

Ses « écritures », qui allient impertinence et justesse de propos, bénéficient d’une grande popularité. En effet, la reproduction de ses écritures sur divers supports destinés tels que des agendas, des stylos, des trousses en fait aussi un artiste populaire et incontournable. On a tous eu un petit morceau de Ben entre les mains un jour ou l’autre.

Les œuvres de Ben sont présentes aujourd’hui dans les plus grandes collections privées et publiques du monde, notamment le MoMA de New York, le Walker Art Center de Minneapolis, l’Art Gallery of New South Wales de Sydney, le musée national d’Art moderne de Paris, le musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice… et bien d’autres encore.

NOM DE L’ARTISTE : BEN / TITRE DE L’OEUVRE : Life Sex Art / FORMAT : 100 x 100 cm / TECHNIQUE : Acrylique et objet sur toile
NOM DE L’ARTISTE : BEN / TITRE DE L’OEUVRE : Chercher / FORMAT : 162 x 130 /TECHNIQUE : Acrylique et objet sur toile /DATE : 1999
NOM DE L4ARTISTE : bEN / Format 60x90cm / Titre: culture oh culture/ Année: 1986 / Technique: sérigraphie

Solo show de mister hélic par la galerie dock sud

L’humour dans l’art peut revêtir bien des formes et s’illustrer de nombreuses manières… L’artiste plasticien Mister Hélic, anagramme de son vrai nom Michel Istre, est un artiste prolifique qui ne manque jamais un bon jeu de mot ou un détournement d’objet pour peu que celui-ci fasse sourire, interroge, défende une idée, véhicule un message fort. Pour Mister Helic, il y a toujours matière à rire… quand on a l’art d’ouvrir les yeux.

Ophtalmologue aujourd’hui retraité, Michel Istre est avant tout artiste par passion. Il s’est intéressé aux arts plastiques très tôt, a été rédacteur en chef de la revue « L’œil et l’art » et a collaboré à de nombreuses revues d’art. Ce n’est que dans les années 2000 qu’il s’oriente vers la création, encouragé par le développement de l’art conceptuel.

Admirateur de Magritte et de Marcel Duchamp qui ont bouleversé l’art conventionnel, héritier comme tant d’autres du génial  » Marchand du sel », post dadaïste, néoréaliste, complètement oulipien*, on retrouve chez Mister Helic l’alchimie du verbe, la dérision, la perversion de l’image et de l’objet qu’il faut souvent décrypter dans ses productions. Féru de contrepèteries, il s’amuse à traquer l’absurde dans le banal, le pittoresque dans le quotidien, à détourner les mots de leur sens interdit et utiliser les jeux sémantiques comme ressort comique. (Un travail fouillé, presque documenté, un regard innovant et décalé, Mister Helic va là où on ne l’attend pas jusqu’à nous titiller dans nos recoins les plus cachés).

Sur Art Montpellier, plus d’une cinquantaine de pièces réalisées par l’artiste seront présentées dont certaines de sa dernière exposition intitulée « Sortie de crise » en référence à la crise du COVID-19. L’artiste s’est mis au défi de compléter des plateaux de scrabble « pour gagner un maximum de points ». Il lui aura fallu 4 mois pour préparer 48 plateaux sur presque autant de thèmes : amour, retraite, professions libérales, immobilier ou encore Sète (sa ville d’adoption). « Une réelle performance de trouver tous ces mots avec autant de contraintes [notamment l’utilisation des 102 pièces du jeu à chaque fois]. Il a réussi à transformer un jeu du quotidien en œuvre d’art » salue le galeriste Martin Bez qui présentera cette grande exposition.

* L’Ouvroir de littérature potentielle, généralement désigné par son acronyme OuLiPo, est un groupe de littérature inventive et innovante qui naît au XXᵉ siècle. Il a pour but de découvrir de nouvelles potentialités du langage et de moderniser l’expression à travers des jeux d’écriture.

Bombardier Helvète
Bombardier avec roquettes basé dans le Valais et importé d’Indonésie, le longicorne Neocerambys gigas. Mixed media dans emboitage d’entomologiste
20x26x7,5cm – 2009

L’étreinte
Photographie argentique
contrecollée sur aluminium – 2007

Lucifer 2009
Photographie numérique – 28x37cm – 2009

Sanfourche exposé sur le stand du musée d'art brut

Né à Bordeaux en 1929, Jean Joseph Sanfourche dirige une manufacture de sous-vêtements à Limoges, avant de gagner Paris pour travailler auprès de compagnies d’assurances. Menacé de cécité, il quitte son emploi et se tourne résolument vers la création artistique. Ses premières œuvres, véhémentes et pleines d’humour, mais toujours proches de la caricature, lui font dépeindre l’humain.

Il regagne le Limousin en 1976 et collabore activement avec les maîtres émailleurs dont l’artisanat est alors délaissé. Il leur apporte une esthétique nouvelle, haute en couleurs et figurative. Ses portraits de groupe avec enfant présentent des personnages aux formes bien configurées, aux yeux ronds qui fascinent ceux qui les regardent. Il développe ainsi un art contemporain, accessible à tous, chaleureux et fraternel.

Inventif et peu soucieux des tendances, Sanfourche peint sur des toiles libres, des pierres, des os et des crânes humains préhistoriques, des billes de bois et des planches en forme de totems, des écorces, des outils de fer, des quartz.

Frédéric blaimont est présenté par la galerie de l'ancien courrier

A l’affût de ce qui pourra constituer sa pitance. Incognito, l’air de rien, il promène sur ses contemporains un regard plein d’envie, de malice, de sagacité, d’ironie. Il les croque sans état d’âme, non pas tel un caricaturiste (il ne force pas le trait, ne cherche pas à en rajouter plus que de mesure) mais plutôt tel un chroniqueur de son temps, soucieux de saisir la vérité de l’instant, de la livrer sans fard à notre rapacité d’amateurs d’images sortant de l’ordinaire.

Il y a dans les tableaux de Frédéric Blaimont une justesse qui fait mouche à tout coup, un angle d’attaque qui saisit l’humain dans toute sa singularité en même temps qu’il souligne notre rapport au corps, un rapport dont notre civilisation occidentale ne peut guère s’enorgueillir… Les ravages de la malbouffe, ou du trop-plein de nourriture, sont ainsi flagrants dans cette peinture sans complaisance.

Chacun d’entre nous a déjà croisé les modèles de Frédéric Blaimont, ces messieurs et mesdames “ tout le monde ” dont il nous faut bien constater, malgré ce qu’il en coûte au vu de quelques-uns et de quelques-unes, la tragique proximité.

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